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août 2021

Comment se préparer financièrement à l’arrivée d’un enfant ?

Une panade qui vole en l’air, un rot bruyant en plein restaurant, retrouver vos clés de voiture cachées dans un pot de fleurs… Les bébés et les jeunes enfants sont imprévisibles. Malheureusement, la situation financière d’un enfant n’est pas non plus totalement prévisible. Voici quelques idées et conseils ...

Combien coûte un enfant

On entend parfois dire qu’un enfant coûte autant qu’une maison. Mais qu’en est-il des chiffres ? Selon la Ligue des familles, le « prix » minimal d’un enfant est de 152 976 €. Pour effectuer ce calcul, la Ligue des familles se base sur un scénario dans lequel l’« enfant » est totalement indépendant financièrement à l’âge de 25 ans et ne tient pas compte des frais de garde, d’éducation et des dépenses (médicales) exceptionnelles.

Selon une étude réalisée par la KULeuven et MyFamily, les familles dépensent en moyenne 918 € par mois pour leur(s) enfant(s). Ce montant comprend toutes les dépenses directes : de la nourriture au kot d’étudiant en passant par les jouets et les vêtements. Si l’on part du principe qu’un « enfant » de 25 ans est totalement indépendant financièrement, le « prix » moyen est de 264 384 € par enfant.

Les chiffres de la Ligue des familles, de la KULeuven et de MyFamily vous donnent déjà une petite indication, mais il va de soi que d’autres éléments doivent également être pris en compte dans le budget. Peut-être achèterez-vous une voiture plus grande quand la famille se sera agrandie, alors que vous vous contentiez auparavant d’une petite citadine ? Peut-être aurez-vous envie de passer davantage de temps avec votre enfant et d’arrêter votre activité complémentaire ? Ou peut-être avez-vous trois enfants, ce qui réduit le coût moyen par enfant...

En bref, dans le scénario le plus « avantageux », on peut supposer qu’un enfant coûtera le prix d’un petit appartement. Dans un scénario « équilibré », un enfant coûtera l’équivalent d’une maison, et dans le scénario « le plus cher », une villa (avec piscine).

Quatre conseils pour se préparer

1. Vérifiez vos économies

L’arrivée d’un enfant entraîne non seulement des coûts prévisibles, mais aussi des coûts imprévisibles. C’est pourquoi il est bon de faire fructifier votre épargne, afin de disposer d’une meilleure résilience financière si vous vous trouvez soudainement confronté à une dépense inattendue, ou à une dépense que vous aviez sous-estimée.

Pensez aussi à votre tranquillité d’esprit. Une réserve plus importante vous donnerait-elle un plus grand sentiment de sécurité maintenant que vous endossez de nouvelles responsabilités ? Si c’est le cas, mieux vaut suivre votre instinct. Quand on a un enfant, mieux vaut trop que trop peu.

2. Discutez avec votre partenaire

Vous et votre partenaire attendez ou adoptez un enfant ? Pensez à discuter pour savoir si vos attentes et vos plans financiers sont sur la même longueur d’onde. Une conversation vous évitera peut-être beaucoup de malentendus et de frictions. Voici quelques éléments que vous pourriez aborder :

  • Comment allez-vous partager la responsabilité financière de l’enfant ? Si vous possédez un compte commun, il semble évident de prélever simplement les dépenses depuis ce compte commun. Mais si vous et votre partenaire possédez des comptes séparés, mieux vaut prévoir comment vous envisagez de répartir les dépenses. Il peut s’agir d’un partage 50-50 ou d’une autre répartition des frais, par exemple si l’un d’entre vous assume davantage de responsabilités en matière de garde d’enfants et que ses revenus diminuent.

  • Qu’en est-il si l’un de vous décide de rester à la maison (pendant un temps) ? En ce moment, vous envisagez peut-être tous deux de reprendre le travail, mais ces projets peuvent changer (par nécessité). L’un de vous peut aussi choisir de prendre un congé parental. Dans ce cas, il vous faudra déterminer s’il est possible de vivre avec un seul revenu ou avec un revenu inférieur et quelles seront les conséquences de ce choix sur votre mode de vie et la manière dont vous répartirez vos dépenses.

  • En tant que parents, vous voulez le meilleur pour votre enfant. Selon l’un, il s’agira d’acheter tous les vêtements et les équipements neufs, selon l’autre, ce sera travailler à temps partiel pour passer plus de temps avec votre enfant. Écoutez vos attentes et vos préoccupations mutuelles : est-il envisageable d’acheter un landau en deuxième ou en troisième main ? Pouvez-vous vous permettre une diminution des rentrées ? ...

  • Comment allez-vous économiser pour plus tard ? Il peut sembler prématuré de se pencher sur ces questions, mais plus les enfants grandissent, plus ils coûtent « chers ». Discutez ensemble pour savoir si vous souhaitez épargner tout de suite, quel montant vous épargnerez et la manière dont cette épargne affectera vos autres objectifs financiers.

3. Établissez un budget familial

Avoir une bonne vue d’ensemble de vos dépenses, de vos revenus et de votre comportement d’épargne vous aide à mettre le doigt sur les éventuels points sensibles. Pour établir un budget familial, utilisez un carnet de comptes, une application ou une feuille de calcul. Pas besoin d’avoir un système de comptabilité complexe. Un simple aperçu dans lequel vous notez les coûts mensuels pour la nourriture, le transport, les vêtements, les loisirs, les coûts des services généraux (eau, électricité, internet, téléphone, etc.), le loyer/hypothèque et les revenus peut déjà vous fournir de nombreuses indications.

En effectuant des projections régulières pour les mois à venir sur la base de votre budget familial, vous verrez à temps la nécessité de procéder à d’éventuels ajustements. D’une part, la venue d’un enfant engendre des frais supplémentaires, mais d’autre part, vous toucherez des nouveaux revenus, par exemple les allocations familiales (« Groeipakket » en Flandre). N’oubliez pas que vous bénéficierez d’avantages fiscaux si vous avez un enfant « à charge » : une plus grande partie de vos revenus ne sera pas imposée.

4. Demandez dès maintenant votre allocation de maternité

Vous pouvez demander une allocation de maternité avant même la naissance ou l’adoption de votre enfant. L’argent sera déjà versé sur votre compte. Vous recevrez le montant initial au plus tôt deux mois avant la date prévue de la naissance ou, en cas d’adoption, lorsque l’enfant fait partie de la famille.