couts-rouler-a-l-electricite.jpg

juin 2021

Rouler à l’électricité : combien ça coûte exactement ?

Vous envisagez d’acheter une voiture électrique, mais le prix d’achat vous refroidit ? Mieux vaut calculer différemment, car le prix n’est pas le seul élément à prendre en compte : les frais de recharge ou de carburant, les taxes, les frais d’entretien, les avantages fiscaux, l’assurance, les conditions de crédit et la valeur résiduelle doivent également faire partie du calcul. Au final, la différence est donc bien plus nuancée.

Coût d’achat : moins avantageux

Les voitures électriques sont généralement plus chères que les voitures similaires à essence et au diesel. Par exemple, la version de base de l’Opel Mokka électrique (136 ch) coûte 13 250 € de plus que la version essence et 11 250 € de plus que la version diesel. Pour une version d’entrée de gamme de la Peugeot New 2008 électrique (136 ch), il faut compter 9 070 € de plus que pour la version essence de 130 ch (automatique) et 9 165 € de plus que pour la version diesel de 110 ch (manuelle) (selon les tarifs consultés le 20 mai 2021). Il en va de même pour les versions électriques similaires des modèles existants.

Ce prix d’achat plus élevé suffit souvent à décourager de nombreuses personnes à opter pour une voiture électrique. En pratique, il n’existe pas encore une nouvelle voiture électrique adaptée au budget de chacun. La voiture la moins chère sur le marché belge est la Dacia Spring, proposée au prix de départ de 16 990 € (selon les tarifs consultés le 20 mai 2021).

Coûts énergétiques : plus avantageux (si vous rechargez principalement à domicile)

Le coût de consommation d’une voiture électrique est exprimé en kWh. Contrairement à l’essence ou au diesel, cependant, le prix de l’énergie peut varier considérablement et dépend du lieu de recharge : à la maison (le moins cher, mais le plus lent), à une borne de recharge publique ou à un point de chargement rapide (le plus rapide, mais le plus cher). Charger une voiture revient moins cher que faire le plein, surtout si vous pouvez le faire chez vous ou à un tarif préférentiel au travail (les entreprises peuvent bénéficier de tarifs d’électricité plus avantageux).

De plus, une voiture n’est pas l’autre. Voici une comparaison basée sur la Hyundai Kona (version Twist), un SUV qui existe sur le marché en version électrique (136 ch, 100 kW), en version diesel (136 ch, 100 kW) et en version essence (100 ch, 88 kW).

Coût pour un trajet de 100 km :

Recharge au travail2,16 €
(sur la base d’un prix de marché de 0,11 €/kWh)
Recharge à la maison3,80 € - 4,40 €
(sur la base d’un prix de marché pour un compteur double, entre 0,19 €/kWh et 0,22 €/kWh)
Borne publique6,12 
(sur la base des prix fixés par le gouvernement flamand pour une borne de recharge publique)
Recharge rapide13,80 €
(sur la base du tarif standard d'Allego 0,69 €/kWh)
Essence8,40 €
(sur la base d'un prix de 1,40 € par litre)
Diesel6,86 €
(sur la base d'un prix de 1,40 € par litre)

Dans cet exemple, nous partons de la consommation théorique communiquée par le fabricant : 4,9 l/100 km pour la variante diesel, 6 l/100 km pour la variante essence et 16 kW/100 km pour la variante électrique. Les voitures électriques peuvent également subir des pertes de charge. Dans le calcul ci-dessus, nous avons pris en compte une perte de charge de 20 %.

Entretien : plus avantageux

Une voiture équipée d’un moteur à combustion interne comporte beaucoup plus de pièces rotatives qu’une voiture électrique, soit plus de pièces susceptibles de s’user et nécessitant un remplacement régulier. La vidange d’huile, le remplacement du filtre à carburant, des bougies d’allumage ou de la courroie de distribution ne figureront pas sur la facture d’entretien de votre voiture électrique.

De plus, l’usure des freins sera moindre. Lors du freinage, l’énergie cinétique est convertie en énergie électrique et donc régénérée. Cette régénération fonctionne également comme un frein moteur, de sorte que les freins ordinaires sont moins utilisés. Ils s’usent donc moins vite que ceux d’une voiture à combustion.

Selon une vaste enquête menée auprès de 10 000 propriétaires de voitures électriques aux États-Unis, les frais d’entretien sont deux fois moins élevés. Certaines marques affichent même une baisse de 60 % des frais d’entretien. Toutefois, les sources et les avis divergent largement à ce sujet. Mark Pecqueur, professeur de technologie de l’automobile à la Thomas More Hogeschool, explique dans le magazine Fleet qu’un chiffre de 20 % est plus réaliste. Lorsqu’un composant doit être remplacé dans un véhicule électrique, l’intervention est généralement plus chère et plus complexe.

Fiscalité : plus avantageuse

En Région flamande, aucune taxe de circulation ni taxe d’immatriculation ne sont facturées sur les voitures électriques. La situation est différente à Bruxelles et en Wallonie, où vous payez toujours l’impôt minimum, qui reste relativement faible : en 2021, la taxe de circulation s’élevait à 61,5 €, plus 83,95 € de taxe routière annuelle.

Au niveau national et régional, il n’existe pas (plus) de subventions pour les voitures électriques. Toutefois, certaines villes et communes accordent aux particuliers des subventions limitées lorsqu’ils achètent une voiture 100% électrique, par exemple si elle est partagée par plusieurs familles. Informez-vous auprès de l’autorité locale sur les subventions possibles.

Les particuliers qui installent une borne de recharge domestique entre le 1er septembre 2021 et le 31 août 2024 se verront accorder une réduction d’impôt. Le gouvernement y a donné son accord en mai 2021. Afin d’accélérer le processus, la réduction sera peu à peu supprimée au fil du temps. Si vous réalisez cet investissement entre le 1er septembre 2021 et le 31 décembre 2022, vous bénéficierez d’une réduction d’impôt de 45 %. Ce tarif baisse à 30 % en 2023 et à 15 % en 2024.

Si vous utilisez également votre voiture de société à des fins privées, elle est considérée comme un revenu imposable supplémentaire dans votre impôt sur le revenu des personnes physiques (avantages de toute nature ou ATN). La voiture électrique offre également un avantage dans ce domaine. Dans ce cas, les autorités fiscales tiennent compte non seulement de la valeur catalogue et de l’âge de la voiture, mais aussi de ses émissions de CO2, qui sont nulles pour les voitures entièrement électriques.

Par ailleurs, le gouvernement a décidé en mai 2021 que toutes les nouvelles voitures de société devront être exemptes de gaz à effet de serre d’ici 2026. Pour les employeurs, seules les voitures de société électriques pourront bénéficier d’un régime fiscal avantageux à partir de 2026 :

  • Une règle transitoire s’applique aux voitures à carburant fossile de particuliers achetées avant le 1er juillet 2023 : la règle actuelle de déduction fiscale restera d’application ;
  • Une règle transitoire s’applique également aux voitures de particuliers à carburant fossile achetées entre le 1er juillet 2023 et le 31 décembre 2025, mais elle est en cours de suppression. La déductibilité sera plafonnée à 75 % en 2025, 50 % en 2026, 25 % en 2027 et réduite à zéro en 2028.
  • La déduction fiscale pour les voitures de particuliers sans émission de carbone (y compris les voitures à double usage et les minibus) sera supprimée progressivement à partir de 2026 :
    • Acquisition à partir de 2026 : déduction de 100 % ;
    • Acquisition à partir de 2027 : déduction de 95 % ;
    • Acquisition à partir de 2028 : déduction de 90 % ;
    • Acquisition à partir de 2029 : déduction de 82,5 % ;
    • Acquisition à partir de 2030 : déduction de 75 % ;
    • Acquisition à partir de 2031 : déduction de 67,5 %.

Contrôle technique : plus avantageux

Une voiture électrique ne nécessite pas de contrôle écologique. Pour le contrôle d’une voiture électrique de particulier, vous payez 4,2 € de moins que pour une voiture essence et 12,6 € de moins que pour un véhicule diesel.

Prêt automobile : plus avantageux

Si vous empruntez pour acheter une voiture électrique, vous pouvez obtenir de meilleures conditions de prêt pour une voiture verte que pour un prêt ordinaire. Il arrive même que le taux soit inférieur d’un dixième ou même d’un quart du prix classique, selon la banque et la période de l’année. Les offres varient considérablement, de même que les conditions, surtout aux alentours du Salon de l’auto.

Assurance automobile : cela dépend

De nombreux assureurs accordent des réductions pour les voitures respectueuses de l’environnement. Selon TestAchat, ces réductions peuvent représenter un avantage d’environ 30 %. Malheureusement, le prix d’achat plus élevé d’une voiture électrique a un impact sur la prime d’assurance automobile. L’avantage de l’un annulera donc l’inconvénient de l’autre.

Valeur résiduelle : cela dépend

Ces dernières années, l’offre de voitures électriques d’occasion sur le marché a explosé. Aujourd’hui, nous constatons que la valeur résiduelle des voitures électriques est supérieure à celle des voitures diesel et proche de celle des voitures à essence. La valeur résiduelle d’une voiture électrique est largement déterminée par l’état de fonctionnement de la batterie, car il s’agit d’un composant coûteux. Au cours des trois premières années, vous pouvez vous attendre à une diminution moyenne de 2 % de la capacité de la batterie, et de 8 % après six ans, ce qui est relativement positif. Ainsi, une voiture électrique de six ans aura toujours une autonomie acceptable, ce qui n’est pas le cas d’un smartphone du même âge qui devra être branché en permanence pour fonctionner.

La conduite électrique est-elle donc plus avantageuse ?

L’année dernière, Leaseplan a mené des recherches dans 18 pays européens sur le total cost of ownership (coût total de possession) des voitures à essence, diesel et électriques. Celle-ci a montré que dans 14 pays, dont la Belgique, les voitures électriques de taille moyenne sont plus économiques que les voitures fonctionnant à l’essence ou au diesel. Les voitures électriques compactes sont plus avantageuses dans 8 pays, mais pas en Belgique. Les voitures électriques haut de gamme ne sont avantageuses dans aucun des 18 pays.

La question de savoir si la conduite électrique est plus rentable pour vous dépend de votre situation personnelle : modèle, lieu de chargement, région dans laquelle vous vivez, avantages fiscaux, etc. Les variables à prendre en compte sont nombreuses. Vous trouverez en ligne des modules de calcul permettant de calculer le Total Cost of Ownership (coût total de possession). Cet outil donne une indication approximative, mais il est préférable d’utiliser la calculatrice, votre facture d’énergie, les tarifs des différents modèles, les avantages fiscaux qui vous concernent, etc.

Qu’en est-il du GNC ?

Outre la voiture électrique, à l’essence ou au diesel, vous pouvez également opter pour un véhicule au GNC. Selon energuide.be, il vous faudra débourser en moyenne 500 € à 8 000 € de plus que le même modèle en version essence ou diesel. D’autre part, le carburant est moins cher, le plein est aussi rapide qu’avec les carburants traditionnels, l’émission de certains gaz nocifs est beaucoup plus faible qu’avec l’essence ou le diesel et vous pouvez également bénéficier d’une foule d’avantages fiscaux. Actuellement, il existe environ 150 stations-service proposant du GNC. À titre de comparaison : pour les voitures électriques, il existe environ 4 200 bornes de recharge publiques en Belgique. Si vous souhaitez acheter un véhicule au GNC, il est préférable de vérifier s’il existe des stations-service adaptées dans votre région.

Le GNC (gaz naturel comprimé) n’est pas identique au GPL (gaz de pétrole liquéfiés). Une voiture qui utilise du GPL ne peut pas faire le plein de GNC ou vice versa. Le gaz est également stocké d’une autre manière. Les deux options sont plus respectueuses de l’environnement et plus économiques que les voitures à essence ou au diesel.