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avril 2020

Votre prochaine carte de banque au creux de la main ?

Alors que la technologie du paiement sans contact s’intègre progressivement en Belgique, la Suède va encore plus loin. Plusieurs milliers de Suédois ont une puce implantée sous la peau, qui leur permet d’effectuer des transactions, de déverrouiller les portes ou de montrer un titre de transport. Un « progrès » bientôt disponible chez nous ?

Payer votre baguette ou déverrouiller des portes grâce à une puce implantée au creux de la main. Voilà qui relève de la science-fiction. Pas tant que ça. En Suède, plusieurs milliers de personnes utilisent déjà cette technologie au quotidien et n’y trouvent que des avantages.

Ils se sont fait implanter une micropuce – de la taille d’un grain de riz – sous la peau de la main. Passé ce moment un peu douloureux, les réjouissances peuvent commencer. Un petit signe de la main devant le terminal de paiement, et la baguette est payée. Une imposition des mains au portique, et la porte s’ouvre devant vous.

Même si, en Suède, cela ne concerne que quelques milliers de personnes, les applications vont déjà très loin. Ainsi, l’ensemble du réseau ferroviaire est déjà compatible avec la biopuce. Il vous suffit de télécharger votre abonnement ou votre ticket de train dans la puce. Ensuite, le contrôleur scanne votre main au moyen de son appareil. Un des grands réseaux suédois de fitness a aussi adopté cette technologie. Il suffit de présenter la main pour déverrouiller l’accès à la salle de fitness, pour ouvrir un casier et pour afficher votre programme d’entraînement personnalisé.

Made in Sweden

« Que la première expérience de biopuce se déroule en Suède, ce n’est pas un hasard », commence Heidi Mertes, professeure et chercheuse à la Bioethics Institute Ghent. « Ce pays est un creuset idéal pour les nouvelles technologies. Pensons par exemple à Skype et à Spotify, qui ont vu le jour en Suède. La population s’adapte également plus rapidement aux nouvelles technologies. Ce pays est depuis longtemps le n°1 mondial des paiements numériques. Dernier élément, en Suède, la confiance dans les instances publiques est traditionnellement très grande. Là-bas, ils ne semblent pas craindre les scénarios ‘à la Big Brother’. »

D’autres pays semblent cependant être intéressés par cette technologie. Tant au Royaume-Uni qu’aux États-Unis, des centaines de travailleurs ont accepté de se faire ‘pucer’. Depuis lors, plus besoin de badge pour accéder aux bâtiments ni pour payer leur repas au restaurant de l’entreprise. Plus près de chez nous (à Malines), 6 collaborateurs de la société NewFusion se sont fait implanter une biopuce en 2016.

Adieu portefeuille et trousseau de clés ?

Selon les partisans de cette technologie, le grand avantage de la biopuce réside dans la facilité. Même si le cash disparaît progressivement de notre portefeuille, ce dernier contient de plus en plus de cartes : cartes de banque et de crédit, transports en commun, cartes de fidélité, chèque-repas, assistance véhicule, groupe sanguin, etc, etc. Désormais, la technologie permet de regrouper toutes ces cartes au creux de la main. La biopuce permet aussi de se passer de clés, en remplaçant les serrures traditionnelles pour des lecteurs de puce.

La biopuce est protégée par une enveloppe en verre de silicate. Elle est dotée d’un minuscule émetteur, qui s’active à proximité d’un lecteur électronique. Ce lecteur est similaire à celui des smartphones et terminaux de paiement NFC (Near Field Communication). Toutes les informations pouvant être lues en champ proche peuvent être placées sur la puce, comme votre dossier médical. Vous êtes admis aux urgences suite à un accident ? Un simple scan de la main permettra à l’équipe médicale de connaître vos antécédents, allergies, groupe sanguin, etc.

Un choix personnel

Se faire implanter une puce dans la main ? « Très peu pour moi », s’exclame Heidi Mertes. « Si toutes ces données – cartes de banque, dossier médical, etc  peuvent tenir dans une biopuce, il est sûrement aussi possible de les stocker sur une carte. Le problème de l’épaisseur du portefeuille ou du trousseau de clés serait tout aussi efficace. En évitant l’épreuve de la piqûre… »

« Cette technologie présente aussi des risques en termes de vie privée. Si on regroupe toutes ces informations sur un même support, comment avoir la garantie qu’elles restent parfaitement cloisonnées ? Peut-on être sûr que le lecteur du portique accède seulement aux données nécessaires à ce déverrouillage, et non aux données bancaires, par exemple ? Avant que cette technologie se généralise, il faudra obtenir des garanties très sérieuses en matière de sécurité », poursuit-elle. « Elle devra aussi être régulée, de sorte que la biopuce reste un choix personnel, non obligatoire. Cette avancée présente effectivement des avantages pratiques, mais ils me semblent actuellement trop limités pour justifier une généralisation parmi le grand public. »

Et vous, vous accepteriez une biopuce dans la main ? L’implantation d’une micropuce coûte environ 150 euros. Vous préférez épargner ces 150 euros ? Découvrez les produits d’épargne en ligne les mieux adaptés à vos objectifs.

La biopuce en pratique

(cette vidéo est en anglais)

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