affaires-argents-famille-recomposée.png

avril 2020

La gestion de l’argent pour des familles recomposées

Vous venez de fonder une famille recomposée ? Outre les deux cultures familiales à concilier, vous êtes confronté à de multiples questions et problèmes pratiques. Comme les affaires d’argent. Pour prévenir les problèmes ultérieurs, mieux vaut prendre d’emblée les bonnes décisions.

Près d’un ménage belge sur dix est aujourd'hui une famille recomposée. Tout comme dans les ménages classiques, les questions et problèmes d’argent sont une des principales causes de dispute.

Ici, un partenaire est économe, tandis que l’autre ne rechigne jamais à la dépense. Là, l’un désire tenir des comptes avec précision, tandis que l’autre estime que c’est du temps perdu. Malgré leurs conséquences potentielles, de telles divergences ne doivent pas être insurmontables. Quelques conseils.

Mettez-vous à la place de l’autre

Que ce soit dans une famille recomposée ou non, les couples partent souvent du principe que, sur le plan financier, les choses doivent s’organiser naturellement. C’est parfois le cas, mais il est néanmoins dangereux de prendre l’accord de l’autre pour argent comptant (c’est le cas de le dire !). Or, pour être sur la même longueur d’onde en matière d’argent, il faut que chacun soit prêt à écouter, à poser des questions et à accepter des compromis.

Votre couple précédent s’est déjà cassé les dents sur les questions d’argent ? Dans ce cas, il y a des risques que ces expériences négatives et les anciens conflits polluent votre nouvelle relation. Votre divorce s’est mal passé et vous vous êtes étripés lors du partage des biens du ménage ? Vous avez dû contracter un lourd emprunt pour racheter l’autre moitié de la maison familiale ? Vous avez perdu une partie d’une donation en raison d’un divorce ? Plus vous évoquez ces expériences personnelles avec franchise et transparence, mieux vous parviendrez à vous entendre sur les questions d’argent dans votre nouveau couple.

CONSEILS

Vous n’avez pas – du tout – la même vision des dépenses ? Mettez-vous à la place de l’autre. Pendant une journée, essayez de dépenser sans compter (si vous êtes économe de nature). Ou, si vous êtes plutôt dépensier, comptez chaque sou qui sort de votre porte-monnaie. Ensuite, échangez vos impressions. Peut-être commencerez-vous à mieux comprendre le point de vue de l’autre…

Un compte commun, ou pas ?

Évoquer ouvertement les affaires d’argent, c’est toujours une bonne chose. Dans une famille recomposée, il est logique que l’on préfère mettre l’accent sur les bons moments de la vie. Mais faire les courses, payer la facture d’électricité, acheter de nouvelles chaussures pour les enfants... Tous ces frais doivent être payés et répartis, d’une manière ou d’une autre. En général, cette répartition s’effectue selon un des deux principes suivants :

  • Un des deux partenaires gère toutes les questions d’argent. Tant les revenus que les dépenses. Une variante de ce principe est le système de ‘l’argent de poche’, par lequel l’autre partenaire reçoit une certaine somme pour ses dépenses personnelles et pour payer certains postes du budget familial. Côté ‘plus’, c’est certainement une bonne chose que l’un des deux partenaires supervise minutieusement les dépenses. Côté ‘moins’, cet arrangement requiert une grande confiance mutuelle et le second partenaire peut estimer se trouver en situation de dépendance.

  • Chacun des partenaires gère ses propres questions d’argent, mais un compte commun est ouvert pour le ménage et les frais des enfants. Les deux partenaires conviennent de verser mensuellement un montant sur un compte commun. Ce montant peut être égal, mais il peut aussi refléter une autre proportion (par exemple 40/60), en fonction des revenus professionnels de chacun, du nombre d’enfants de chaque côté, du temps passé par les enfants sous le toit recomposé, etc. Ce modèle semble être le plus équitable et le mieux adapté aux différents cas de figure, mais il requiert une rigoureuse gestion administrative.

La solution ‘optimale’ peut varier d’une famille à l’autre. En fait, les partenaires doivent opter pour la solution qu’ils jugent la plus équitable pour l’ensemble de la famille. Une fois de plus, la communication est essentielle. Lorsque la clé de répartition appliquée ne plaît pas à l’un ou à l’autre, il est souvent difficile d’en parler. Quand l’un des deux remet sa contribution en question, cette démarche peut être perçue comme une attaque détournée contre les enfants de l’autre. Et quand la communication s’arrête, les malentendus commencent.

Épargner le même montant pour chaque enfant, ou pas ?

Famille patchwork, mosaïque, mikado… Quel que soit le nom que vous donnez à votre ménage recomposé, il vous faudra faire preuve d’un excellent sens de l’organisation, mais aussi convenir d’accords bien précis en matière d’épargne et d’argent de poche des enfants.

La question la plus difficile à se poser : chacun des enfants reçoit-il la même somme comme l’épargne ou l’argent de poche ? Dans la plupart des familles recomposées, par des accords avec l’autre parent ou les extras des grand-parents, les parents optent pour des montants qui ne sont pas nécessairement égaux. Vous pouvez rechercher une répartition équitable, mais si vous n’en réussissez pas, il leur est cependant conseillé d’aller plus loin et d’énoncer clairement les raisons pour lesquelles cette clé n’est pas égalitaire – même envers les enfants.

Dernier point, en fonction de votre relation avec votre ex-conjoint, il peut être judicieux de trouver un terrain d’entente concernant l’épargne au bénéfice de vos enfants en commun. Choisissez ici le compte d’épargne idéal en fonction de votre situation.